15-16 nov. 2017 Paris (France)

Accueil

Les notions de « biodiversité » d’une part, et de « culturodiversité », ou diversité culturelle, tout en entretenant des liens évidents, sont investies par des champs disciplinaires relativement cloisonnés. Rappelons que c’est à partir du XVIIIème siècle et l’émergence du naturalisme avec Buffon et Linné que se développe l’intérêt pour la diversité biologique ; il faudra ensuite attendre plus d’un siècle, avec l’œuvre de Darwin, pour commencer à comprendre l’importance de la diversité biologique dans le vivant. Quant à la prise en charge par les pouvoirs publics et les politiques, elle s’enclenche au XXème siècle, dans les années soixante-dix, en faisant appel à d’autres catégories : cadre de vie, nature, environnement, écologie… La nécessité de sauvegarder la diversité du monde vivant est affirmée pour la première fois dans des documents officiels au début des années 80. Le concept de biodiversité apparait en 1985 et se diffuse rapidement tant dans la sphère scientifique que dans la sphère politique. Malgré les nombreuses définitions qu’on peut lui donner, la biodiversité est souvent définie par les scientifiques comme la diversité de 3 composantes : génétique, spécifique et écosystémique. Une efficace propre lui est prêtée par certains comme si le terme véhiculerait intrinsèquement un potentiel mobilisateur. La notion de culturodiversité ou de diversité culturelle est en quelque sorte dérivée de la biodiversité : il s’agit d’un raisonnement par analogie, ou d’une extension du domaine de la biodiversité. Elle renvoie d’abord à un postulat explicite dans la vision défendue par des organisations internationales non seulement d’une compatibilité entre biodiversité et culturodiversité, mais bien de l’idée d’une corrélation voire d’une relation de cause à effet : la diversité culturelle constituerait ainsi une garantie de sauvegarde de la biodiversité. Cette notion de diversité culturelle est utilisée et promue par l’UNESCO (Unesco/PNUE, 2002), ce qui aboutira en 2005 à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, sorte de pendant à la convention sur la biodiversité. Dès 1999, un rapport du PNUE intitulé « Cultural and Spiritual Values of Biodiversity » publié en 1999 et qui complète l’évaluation mondiale de la biodiversité, met en garde contre la menace sans précédent pesant sur la diversité des cultures humaines. Les langues sont considérées comme les principaux indicateurs de la diversité culturelle. Biodiversité et culturodiversité entretiendraient donc des relations de dépendance, et ces deux formes de diversité étant considérées comme étroitement liées et essentielles pour la survie de l’humanité, il conviendrait donc de protéger l’une et l’autre conjointement. C’est ce postulat, et plus largement l’ensemble des questions soulevées par le croisement des ces deux termes, que le colloque permettra d’aborder. Cette approche implique de mobiliser une diversité de disciplines scientifiques qu’il s’agit de faire dialoguer : aussi bien du côté des sciences de la vie et de la nature que des sciences sociales.

Personnes connectées : 1